4 déc. 2006

Un soir de tempête à Hell-Air... (23.10.2006)

Il est des jours où une longue discussion s’impose. Non pas comme une obligation mais tel un soulagement, en compagnie d’un ami proche.

La tempête hurle dehors, c’est l’opportunité de rester assis à discuter, comme si rien d’autre n’importait vraiment... Le vent souffle fort, faisant trembler la porte, le sable commence à recouvrir la route, et les arbres et les lampadaires souffrent. C’est l’idéal.

On parle de tout et de rien, de nos peurs et de ce qui nous tient à cœur. Nos désillusions sur notre parcours scolaire, notre avenir incertain et, surtout pour moi, des rêves qui n’existent pas. Quoique je ne prétends pas savoir ce qu’il se passe dans sa tête. Nous ne savons pas réellement où nous allons ni même si notre chemin est le bon... C’est incroyablement déprimant lorsque l’on pense à tous ceux qui ont déjà tracé leur vie dans leur esprit. Existe-t-il seulement une voie ? La bonne voie ? Il paraît que chacun naît dans un but précis... Alors pourquoi ne peut-on pas le savoir ?

On parle de tout et de rien, de nos souvenirs et de ce qui nous tient à cœur. Des souvenirs heureux comme douloureux... Une mort, des regrets... Il semblerait que je n’ai jamais fait son deuil... Peut-être devrais-je trouver le courage d’aller le voir, cette année ; après tout, la Toussaint n’est-elle pas la fête des morts ? Mais... Il y a tant de regrets, tant de choses pour lesquelles je souhaiterais m’excuser... Pourra-t-il un jour me pardonner de l’avoir abandonné ? Lui qui avait toujours été là pour moi...
Souvenirs douloureux ? Sûrement, mais certains ne sont pas les miens. Un évènement que même le cerveau s’était ordonné d’oublié... Mais comme on dit, le passé finit toujours par nous rattraper, même lorsque l’on ne le souhaite pas... Ce ne sont pas mes souvenirs, ce n’est donc pas à moi de les narrer...

On parle de tout et de rien, de notre mort respective et de ce qui nous tient à cœur. Moi, je souhaiterais mourir un jour où je me le serrais fixé, du haut de cette falaise que j’imagine, dans une voiture, avec ces personnes et cette musique... De préférence avant de vieillir. Elle, elle souhaite une mort heureuse, sans douleur, mais une mort prévue... Non pas un suicide, je ne crois pas, mais plutôt être prévenue pour pouvoir faire ses adieux et prendre des dispositions... Mais pas d’un cancer...
Peut-être la meilleure des morts est-elle la rupture d’anévrisme ? Je ne sais pas... Je ne sais même pas si j’aurais le courage d’accepter la mort que je me suis prévue... Car plus l’on grandit, plus l’on imagine un avenir... C’est effrayant.

Les soirs de tempête, on parle, peut-être trop, mais cela fait incroyablement du bien... Tout en nous terrifiant un peu au fond de nous. Si je le pouvais, je souhaiterais vivre sans jamais rien regretter... Et pour cela, je dois aller le voir. Savoir s’il me pardonne ou non. Juste me recueillir et m’excuser... Je crois qu’il n’y a qu’à ce moment-là que je pourrais espérer me sentir apaisé(e)... Mais en aurais-je le courage ? Je me le demande... Peut-être, peut-être pas. Nous verrons...

Au fond, à quoi cela sert-il d’imaginer l’avenir, parce qu’à trop chercher à le deviner, on en oublie de vivre le présent... Et au moment de mourir, là, on se sentira franchement con... (c’était juste pour la rupture de style, byebye ^^ )

3 commentaires:

Anonyme a dit…

La question n'est pas de savoir s'il peut te pardonner, mais si toi, tu peux te pardonner toi-même !
Pense pas à ta mort, s'il te plait...
Je t'aime.

Rocher

Caethlin Sahad a dit…

Désolé de t'inquiéter, mon rocher. Mais quand on a du temps à perdre, on parle de tout et ce soir là j'avais vraiment du temps à perdre...
Ne t'inquiète pas: "ceux qui en parlent le plus sont souvent ceux qui en font le moins" dit le proverbe. Et puis je tiens trop à toi pour te faire de la peine. Kissous!

Anonyme a dit…

Merci, cela me touche beaucoup !

"Ceux qui en parlent le plus souvent sont ceux qui en font le moins" Cela voudrait-il dire que parce que je n'en parle plus je vais passer à l'acte ?
Je ne pense pas, pas assez lâche ^^'
Je ne vais pas t'inquiéter à mon tour !
Je t'embrasse bien fort ma Bernicle adorée

R.